2 ans et demi… Si peu de temps en fait, et tellement à dire.

Elle est vraiment choute avec ses envies de robe, son girafon en peluche adopté au zoo avec Papi, ses « vous parlez de moi?« , ses « pourquoi » qu’elle répète à l’envi sans même parfois écouter la réponse, ses « j’ai raison » et « tu as le droit », ses « j’ai plus peur des escargots », ses « quand j’étais petite/bébé », ses essais de mots quelques fois, qu’elle place n’importe où pour en tester le sens (« c’est violent »), ses défauts de langage ou plutôt les nôtres « ben oui », « par exemple », « je crois que »… Des « je suis grande » et « je suis encore toute petite« , « je vais venir Manou/Tata, mais là je suis chez moi, à BleuetVille, c’est loin chez toi, mais t’inquiètes pas, je vais revenir ». Oui, parce que dès que ma mère appelle, elle présume qu’en fait l’appel lui est destiné.

Le langage a  donc encore beaucoup évolué ces derniers mois, avec des progrès d’une semaine à l’autre. Ex: en déplacement  » jours, je l’appelle… et j’ai cru que ses réponses étaient soufflées par sa tante : phrases bien construites, clairement énoncées, bien articulées (on la comprend désormais très bien au téléphone).

Et une petite fille de 2,5 ans qui parle, c’est sympa. Déjà, dans l’expression de ses émotions, de ses besoins : « Regarde moi », « je veux qu’on m’occupe » (= s’occuper d’elle), « je suis très énervée », « ça me met en colère », « j’ai besoin de taper », « je suis contente ». On a aussi eu droit, lors d’un petit câlin sur le lit, blottie entre son père et moi : « mon cœur brille« , qui signifierait qu’elle est contente. Très jolie expression, qu’on soupçonne issue d’un dessin animé, mais nous ne savons pas lequel (si vous avez un indice ?).

Il y a également les histoires et dialogues avec ses jouets et peluches, avec des voix et intonations différentes (version bébé à multiples personnalités…).

  • quel chemin veux-tu prendre ma chérie ?
  • mmmhhh… Devant.
  • non par là
  • non on va devant
  • mais je voulais aller par là
  • c’est pas le chemin
  • Si tu veux on peux aller à gauche ma puce
  • Non je veux aller devant. C’est petit lapin rose qui veut pas.

Oui, on a toujours eu zéro imagination pour les noms des peluches.

Sinon elle a eu de belles poussées de croissance, surtout vers Pâques : elle dormait jusque 13h (peut-être même plus, mais nous allions la réveiller).  J’ai réalisé avec effroi que mon « bébé » est déjà assez grande pour se servir d’une rampe d’escalier (sans avoir le bras tendu en déséquilibre).

Début mai, elle semble régresser sur quelques points: par exemple, elle reste collée à sa mère, et fait pipi dans sa culotte alors qu’elle n’a plus de couches du tout depuis avril, et a commencé début mai à les retirer pour la sieste. Envie qu’on s’occupe d’elle ? De porter les jolies pull up minnie/cendrillon ? On va voir.

Son second cousin est né en avril. Que Tata ait un bébé dans le ventre l’a beaucoup intriguée. En visite à la maternité : »Oh, il est beau le bébé » (c’est vrai en plus, il est magnifique !). Le voir téter lui a plu. Le lundi suivant, à la crèche, elle a pris un baigneur et l’a mis au sein, en expliquant qu’elle faisait comme Tata. Chez nous, nous disons « mettre au sein », « allaiter ». A la crèche, il parle de « sucer la gougoutte ». Bon.

Motricité globale

Elle saute loin ! Pour descendre du bus par exemple, ou sauter le ruisseau qui passe devant la place Gambetta. Elle court mieux, plus vite (et s’arrête net à l’endroit prédéterminé ensemble… ce qui fait peur à sa pauvre mère), tourne sur elle-même, grimpe. Elle va très vite en draisienne, lance bien les ballons, surtout à la main, mais tape aussi dedans avec le pied sans perdre l’équilibre. Côté équilibre, elle monte seule au mur d’escalade (celui du square, entendons-nous bien).

Elle aime beaucoup danser, seule et encore plus avec nous. On fait la ronde en tournant. « Je fais le pestac. Applaudis ! »

Motricité fine… et « écriture »

Elle tient correctement son crayon, essaie de dessiner des cercles (et plus seulement des escargots), recopie des traits, des croix. Mais c’est surtout grâce à la crèche, car nous en faisons peu. Quand je fais un rond, elle sait ajouter les yeux (deux points), le nez (deux points), la bouche (un trait mais là en général elle s’excite et gribouille partout), ou des pattes (des traits) si c’est un corps d’animal.

Depuis cet hiver, elle s’essaye à écrire son prénom = dessiner des traits avec application (la tête presque collée à la feuille, manquait juste la langue sortie pour compléter ce cliché). Elle s’intéresse aux lettres également, en demandant « c’est quoi » quand elle en repère une en particulier, par exemple les « T ». Elle reconnaît les R, initiale de son prénom. Fait semblant de lire la mention « Walt Disney présente » sur ses livres. Désigne les lettres et les chiffres quand elle en voit (et qu’elle en a envie, c’est pas non plus la chasse aux écrits, hein). Je crois que nous voir lire lui fait très envie.

Elle sait tourner la poignée de porte, visser et dévisser des couvercles… comme celui de la boîte de chocolat, ou son biberon.

Elle se sert (tant bien que mal) d’une paire de ciseaux.

Langage/Sociabilité

Elle parle beaucoup, avec nous, seule, aux adultes, aux enfants… Elle aime bien ses copains de la crèche, joue avec les autres enfants au parc.

N’embrasse pas pour dire bonjour ou au revoir (enfin, ça dépend qui, et ça dépend de son envie) – et ça nous convient très bien. D’ailleurs, elle refuse avec une joie non dissimulée que son père l’embrasse pour lui dire bonne nuit (mais elle l’embrasse ou le câline).

Elle utilise le je, le tu, le moi, le nous, le vous. Progrès dans le temps des verbes (mais le subjonctif bof ;), et dans les accords avec tu/je/nous. Fait des phrases longues. Exemple, mi-avril :

  • Pourquoi les animaux on peut pas les caresser ?
  • Parce que ce sont des animaux qui ne sont pas habitués aux humains. Ils ne savent pas que tu vas les caresser, ils ont peur que tu les tapes.
  • Oui, comme les animaux du zoo, par exemple. Ce sont des animaux sauvages. Eux aussi ils ne veulent pas être caressés, parce qu’ils ont peur. Ils savent pas que moi je suis gentille. Comme le chien, lui y sait pas que je veux le caresser moi.

Après les progrès viennent les défauts de langage… Elle « chope » l’accent picard ! : « J’te dis… » Euh, non chérie, non non non. Tiens, je réalise d’où vient son nouveau truc de dire non trois fois de suite…

En colère, elle utilise un « parler monstre » : elle dit n’importe quoi, enchaînant les syllabes.Je pense que si elle connaissait des insultes/gros mots, elle nous les balancerait au visage. Je préfère le parler monstre, qui permet de lui répondre de la même façon, ce qui l’amuse = reconnexion avec elle par le jeu = crise désamorcée. Enfin, la crise de son côté, parce que ce parler monstre dès qu’elle n’est pas d’accord hérisse son père.

Compréhension générale

Depuis début décembre, le « pourquoi? » a succédé au « c’est quoi ça ? ». Et je me suis promis de toujours lui répondre (répondre « pourquoi pas? » ça compte?)… Même si souvent elle n’écoute même pas la réponse, ayant posée la question presque par automatisme.

Elle comprend bien les histoires, pose des questions… Et sait répondre aux questions sur les histoires.

Elle aime nos « blagues », et en fait aussi. Les « blagues », c’est changer le nom, l’espèce, l’action, d’un  personnage de livre. AU début, c’était pour la faire réfléchir quand elle nous posait des questions dont la réponse lui était déjà connue. Exemple : elle pointe Dumbo en demandant ce que c’est. On répond que c’est évidemment… « Une girafe! » (animal choisi presque à chaque fois, car il est très différent des autres et ne prête pas à confusion, même quand elle était plus jeune : long cou, tâches, couleurs… alors que chat et chien,  hippopotame et rhinocéros, etc. ne sont pas assez différenciés, à mes yeux, en dessin pour des jeunes enfants). Ce à quoi elle répond « mais noooon, c’est un éléphant ». J’apprécie qu’elle soit assez sûre d’elle pour s’opposer aux affirmations élucubrations de ses parents.

Le mois dernier, son père affirmant que Pongo le dalmatien était une girafe, elle lâché dans un soupir théâtral (je ne pense pas qu’elle maîtrise ça, mais je ne trouve pas d’autre mot) « Bon, d’accord, c’est une girafe ». Désormais, elle change elle même le nom des personnages, et Pongo et Perdita deviennent Dumbo et Badoui (cherchez pas). Ou elle change la couleur du petit âne gris.

Ah, les chansons ! Elle chante avec moi (connaît les paroles) de A la Claire Fontaine, le Petit âne gris, it’s a small world (juste le refrain,comme moi), vole vole papillon, LalalaLove et La jument de Michaud. Quelques fois, on chante façon Métal, idéal avant le dodo, je sais… Quand elle chante seule, elle mixe les paroles, ou en invente : quand on veut la corriger, elle refuse et affirme qu’elle chante autre chose.

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Le piège à grenouilles

Comme ils nous l’ont fait remarquer à la crèche « ca tourne bien là-dedans, elle n’est pas bête ». Avoir parlé tôt l’a aidé à développer sa compréhension, puisqu’on peut lui expliquer des choses, et qu’elle peut en exprimer.

Exemple d’imagination/réflexion, un soir sur le chemin du retour de la crèche.

  • C’est quoi Maman ?
  • Je ne sais pas. Vraiment pas.
  • (après un temps de réflexion) Peut-être c’est un piège pour que les grenouilles elles peuvent pas entrer dans le trou.
  • Euh… Peut-être. Ton explication se tient. Plus que celles auxquelles j’ai pensé.
  • Oui, j’ai raison. Je vais le dire à Manou. Elle a le sens de la conclusion, je trouve…

Concepts et vocabulaire

Elle nomme diverses parties de son corps, dont les poignets, genoux, chevilles, cils, sourcils, narines, orteils, ongles, dents, langue, cou… Elle confondait mollets et cuisses, mais je crois que c’est bon maintenant.

« Hier » évoque chez elle n’importe quel passé. Demain peut être plus précis. Elle a d’ailleurs une mémoire étonnante (moi je trouve, en tout cas), et peut me parler d’événements qui se sont déroulés l’été dernier. Des événements marquants quand même, comme une sortie au parc d’attraction. Elle se souvient et sait dire où se trouve telle peluche, s’il est resté à la crèche ou à la maison.

Elle connaît les couleurs primaires, secondaires et tertiaires. Ok, j’avoue, elle ne dit pas cyan et magenta, mais bleu et rose ou rouge (moi je trouve ça rose le magenta). Elle connaît sa droite et sa gauche. Sans blague, son père/oncle/tante se trompent plus souvent ! Connaît le haut, le bas, gros, petit, grand… Sait montrer le plus grand, le plus petit. Aime actuellement aligner les choses. Et adore jouer avec ses cubes.

Elle compte jusque 3 (combien de bougies, combien de lapins, etc). Après, son enthousiasme prend le dessus : 1, 2, 3, 4, 6, 9, 10 ! C’est tout mignon.

Sait dire son prénom, son âge, qu’elle est une petite fille (mais j’insiste pas là-dessus). A 32 mois, elle sait dire son nom, et sa ville.

Envies d’autonomie

Elle veut choisir ses vêtements, surtout des robes. Et ses culottes. Elle sait enlever et mettre culottes, chaussettes et pantalon, veut mettre ses manches entièrement seule… Et arrive parfois à enlever seule son haut, quand il est assez ample. Je crois que c’est pour ça aussi qu’elle aime bien les robes. A 32 mois tout rond, elle enlève sa couche de la sieste pour la mettre à la poubelle, de sa propre initiative.

Elle aime aider, et cherche à être à la fois autonome (bien aidée en cela par le marchepied, le porte manteau à sa hauteur…), et bien présente dans notre vie quotidienne. En faisant « de la pâtisserie », en mettant la table, en débarrassant dans la poubelle ou l’évier… Elle sait mettre son manteau seule, après avoir vu une copine de la crèche le faire. Elle prend des initiatives, va chercher de quoi dessiner seule, se coiffe seule, met ses bottes, sort dans le jardin, se sert à manger, lit aux toilettes, va aux toilettes seule d’ailleurs (mais appelle quand même pour qu’on lui essuie les fesses, ouf). Et on ne peut pas lui demander à la fois d’être autonome/de nous demander la permission pour tout.

Un jour, le papa lui demande de venir dans la salle de bain pour s’habiller. Elle part en courant dans l’autre sens. Il l’ignore. Et la retrouve quelques minutes après assise sur le plan de travail où on l’habille, son pyjama enlevé et son pantalon mis. Je passe sur la peur rétrospective à l’idée qu’elle soit montée seule, grâce à son marchepied…

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