Un lundi de novembre… Elle a encore mordu à la crèche ! Et griffé ! Le mercredi précédent, elle avait mordu. Le vendredi, griffé (une amélioration quand même!) Aujourd’hui, coup double !

...

Quand les puéricultrices de la crèche me l’annoncent, ma fille est plongée dans un dessin. Elle m’a demandé d’attendre un peu avant de venir. 30 secondes se passent, pendant lesquelles j’apprend ses faits de guerre, et la voilà qui se précipite vers moi en discutant, son dessin à la main. Je me trompe peut-être, mais pour moi ce n’est pas le moment de la réprimander vertement.

Je ne connais pas tout, loin de là, en éducation. Je me plonge dans beaucoup de livres et de blogs, me rend à des ateliers de parentalité, pour confronter différentes méthodes. Pour questionner. Et je n’ai pas fini. Quand je ne sais pas, je me fie à :

  • mon instinct, avec dans le doute option « bienveillance ». Je préfère me planter en étant trop compréhensive que trop dure. La prendre dans mes bras et lui dire que je suis contente de la voir a la priorité sur le reste.
  • mes principes d’éducation canine. En fait, ce sont des réflexes bien intégrés chez moi. Inutile de passer un savon au chien en rentrant pour une bêtise faite trois heures avant. Il ne s’en souvient pas, et est tout à la joie de vous retrouver. Vous allez juste gâcher ce moment. (bon, en fait, pour les chiens, leur faire la fête au retour = risque d’hyperattachement, mais ce n’est pas le sujet)
  • ma connaissance de notre fille. Qui me ressemble assez pour que j’ai quelques clés (mais peut-être que tous les enfants réagissent ainsi, je ne sais pas). L’agresser avec un « tu as mordu ! c’est interdit » bien énervé ne va faire que la braquer. Elle va se mettre en colère, se sentir agressée, et soit agresser en retour soit hurler. Bref, rien de très constructif. Surtout que je sais qu’elle y a déjà eu droit sur le moment.

Je vois bien que les puérs trouvent que je me « laisse trop faire ». Nous avons des limites, sur lesquelles nous ne cédons rien : normal, ce sont les nôtres, celles que nous jugeons nécessaires. Par contre, la laisser exprimer son mécontentement est très important (respect d’elle, système émotionnel, etc. Voir Brigitte Oriol & Alice Miller, ma découverte de l’hiver). Et puis, discuter avec elle devant les puér me donne l’impression de passer un examen. Bonne élève comme je suis, je vais donner les réponses attendues même si elles ne sont pas les bonnes, alors…

Une fois descendues dans le hall, je discute calmement avec ma fille, lui demandant qui elle a mordu, et pourquoi. Elle me dit qui, pas pourquoi, et je me souviens que le pourquoi n’est pas à sa portée. Je lui demande si la petite fille a eu mal, si elle a pleuré. Après sa réponse, je conclus : « Faire mal est interdit : taper, mordre, griffer est interdit! » Me voyant mécontente, elle commence à s’énerver. Il nous reste du trajet avant de rentrer, on reprendra au calme si besoin.

Entre les deux, le fameux trajet en bus

A la maison, son père a le même réflexe que moi : « pourquoi tu as fais ça ? » Elle répond « parce que je suis pas gentille! » Et vlan, démonstration en 2 phrases de l’étiquettage et de ses méfaits ! On entendait bien que notre fille disait qu’elle n’était pas gentille donc elle mordait. On a rectifié le tir tout de suite :

Ce ne sont pas les personnes/toi qui sont gentilles/méchantes, mais les actes, actions, ce qu’elles font.

Taper est méchant, mais toi tu es très bien. Pour la rassurer, nous lui avons même dit qu’elle était gentille. Ca se contredit un peu, mais elle semblait en avoir besoin.

Sur l’étiquetage et ses effets néfastes, un article à lire (parmi tant d’autres) sur les Vendredis Intellos (quoi, encore !)

Illustrations : Oui, quand je ne sais pas comment illustrer, je tape Skottie Young (ouh, taper c’est pas gentil!) dans Google

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